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TRADITION ET GUERISON

National Network: 
France
Address: 
£%, rue de Romainville - 93130 Noisy-le-Sec
Noisy-le-Sec
France
Telephone: 
0179041267
Mobile Phone: 
0674003189
Mobile Phone (other): 
0678475503
Organisation Type: 
Non-Governmental Organization
Year of Establishment: 
2010
Fields of Activity: 
General Information: 

Structure à but non lucratif ;
Bureau composé de 4 personnes ;
Sources privés et publiques ;
Partenaires : Mairie de Clichy, Mairie de Blanc-Mesnil ...

Mission and Objectives: 

L'association a pour but de prendre soin des traditions : les chercher, les développer, les transmettre en s'appuyant sur plusieurs moyens d'action :
− collectage du patrimoine immatériel ;
− appuyer la production de films, concerts et spectacles qui traitent la thématique de la culture du soin, la thérapie et la guérison ;
− publier des ouvrages inachevés ou méconnus ;
− développer une critique sur ce sujet secret et fugace ;
− préserver et valoriser des filmographies d'archive ou rares ;
− soutenir certains sujets liés à la guérison et les personnes qui developpent des connaissances ancestrales ;
− ouvrir le regard aux expression artistiques et à des disciplines multiples qui s'aprochent de la guérison.

Main Projects / Activities: 

Il s'agit d'une histoire universelle, une relation qui vient si loin... Au travers le premier chant, on développe le thème de la naissance et de la mort. La tombe est près du berceau, dit un vieil adage corse. Raison pour laquelle les chants les plus nombreux sont ceux qui endorment les bébés et pleurent les morts, chantés par les mères qui adoucissent les chagrins de l’enfance et consolent la douleur de tous les départs. C'est l'histoire de la mère, c'est l'histoire de la femme en Méditerranée, sentimentale et fatigué, qui cuisine et chante. On y retrouve les traditions méditerranéennes, les techniques de la voix, les mots magiques qui suivent le bébé jusqu'à l’endormissement, hypnotisé sous l'effet de la transe du rythme : Ninna Nanna, Do Do Do.
Présents dans toutes les étapes de la vie, la naissance, l’amour, le travail, les saisons, les fêtes... ces chants sont ceux de l’existence des femmes. On y goûte tout aussi bien la tendresse d’une nanna (berceuse) que la violence d’un lamentu, une joute poétique sur la résistance et la ferveur à Marie et l’Enfant Jésus. Mélancoliques, parfois tristes, toujours graves, ces chants racontent la vie rude des femmes dans un monde rural métissé par l’Histoire. On y entend les modes polyphoniques, les rythmes grecs, les malaguenas andalous...
Le nourrisson s’endort très souvent dans les bras; c’est dans cette proximité corporelle que vient se glisser la voix, murmure, chantonnement, ou berceuse. La berceuse, grâce à son rythme régulier, sa mesure généralement à deux temps, son tempo proche de celui du battement du coeur, permet à l’enfant de s’accorder avec l’autre. La culture de la berceuse fait entrer ce petit dans la famille, dans l’humanité, en lui donnant une filiation. La berceuse occupe un rôle fondamental dans la construction du bébé comme être humain, à la fois dans la relation à son corps et à sa culture.
La musique est une communication très concrète qui se détache ainsi de la pensée ; elle peut aider à reconstruire, à l’intérieur d’une culture donnée, le sens d’une histoire souvent incompréhensible, en se servant de canaux de transmissions particuliers réservés à qui transmet et qui reçoit. Il suffit de penser aux berceuses, à cette relation magique qui touche les rituels de guérisons, avec un simple rythme de voix... La musique comme processus générateur qui crée des « espaces de connaissance » inexplorés, qui mêle des mondes différents dans des lieux différents ; la musique est un espace idéal et réel de rencontre, elle est la concrétisation d’un acte rituel.
LE GROUPE VOYAGEUR.
L’enquête collective permet, à certaines conditions, une confrontation des interprétations de terrain, une plus grande explicitation des problématiques, une triangulation mieux assurée, une meilleure prise en compte des contre-exemples, une plus grande vigilance dans la rigueur empirique. Cette enquête collective est le noyau central. Elle permet à chacun de se confronter à l'approche d'un problème via la notion de groupe stratégique, ainsi que de se confronter aux différentes cultures et traditions. L'enquête de terrain, ou enquête ethnographique, ou enquête socioanthropologique, repose très schématiquement sur la combinaison de quatre grandes formes de production de données : l'observation participante (l'insertion prolongée de l'enquêteur dans le milieu de vie des enquêtés), l'entretien (les interactions discursives délibérément suscitées par le chercheur), les procédés de recension (le recours à des dispositifs construits d’investigation systématique), et le recueil de sources.
Mais cependant le groupe de recherche de terrain observe et interagit aussi avec la societé ; nos voyageurs mangent, bavardent, papotent, plaisantent, draguent, jouent, regardent, écoutent, aiment, détestent. En vivant ils observent et ils s'imprègnent. Sans tout transformer en corpus ; cette familiarisation anthropologique avec la culture locale, ces interactions quotidiennes dans lesquelles les chercheurs sont engagés, ne sont pas en liaison avec l'enquête, ne sont pas consignées dans le carnet de terrain, et donc ne sont pas transformées en données. Mais c’est ainsi que l'on apprend à maîtriser les codes de la bienséance ; c’est ainsi que l'on apprend à savoir de quoi la vie quotidienne est faite et de quoi l’on parle spontanément au village (et cela se ressentira très indirectement et inconsciemment, mais très efficacement, dans la façon d’interpréter les données relatives à l'enquête).
LE GROUPE TEMOIN.
Il s'agit d'un groupe qui varie évidemment selon les thèmes de l'enquête, et peut relever d'échelles différentes, bien que toujours réduites: une famille, un village, une bande de jeunes, un atelier, un quartier, une cité... Sur un même espace social s'empilent à la fois l'observation participante, les entretiens approfondis, les techniques de recension, la recherche de documents écrits. Une certaine durée dans un groupe, un réseau ou une société d’interconnaissance est de toute façon une condition de l'observation participante.
L'intensivité permet également d'opérer des recoupements incessants entre diverses sources d'information. Elle permet aussi de mettre en rapport, parce qu'on travaille à une échelle réduite et en profondeur, des connaissances d'ordres divers et de registres variés, d'avoir une approche transversale, “holiste” (au sens purement méthodologique du terme), où les acteurs sociaux sont appréhendés dans la diversité de leurs rôles. Ainsi le religieux, la parenté, le politique, la sociabilité, le clientélisme, la production, entre autres, qui sont des configurations sociales qu'il est impossible de saisir simultanément de façon empirique à une vaste échelle, peuvent par contre être mis en rapport lorsqu'on est proche des acteurs sociaux et de leurs inter-relations effectives. Ces acteurs en effet se “promènent” sans cesse entre ces configurations. Les chercheurs nouent des relations personnelles et “multiplexes” avec les uns et les autres. La mise en rapport de “sphères” ou de “niveaux” de la pratique sociale habituellement disjoints par l’analyse, est une caractéristique de l’enquête de terrain.
Cette recherche empruntera différentes voies et mobilisera différents niveaux d’interrogation. Un premier niveau de recherche, privilégiant le champ du patrimoine intangible, consistera à mettre en
évidence la façon dont se déploie au sein de différentes cultures et identités ce rapport de corrélation entre la tradition et la création sociale.
Un second niveau de recherche consistera à opérer un geste réflexif supplémentaire portant sur le
patrimoine tangible, les lieux où nous nous réalisons. Une exploration archéo/urbanistique des sites doit nécessairement intégrer une réflexion sur la spécificité et le positionnement du travail de recherche. Il s’agira dans cette perspective d’être tout d’abord attentif à la façon dont notre problématique est susceptible de se modifier selon l’objectif qui préside à son élaboration. Selon que la porte d’entrée choisie est davantage celle de la philosophie sociale et politique, de l’anthropologie ou de l’esthétique, c’est le sens même de notre questionnement qui est susceptible de se modifier.
Peut-être apparaîtra-t-il alors que chaque type de compréhension de ce rapport de corrélation implique un certain type de rapport à la question de la réflexivité. Une telle interrogation nous conduira à construire des interactions interdisciplinaires avec des chercheurs d’autres disciplines.
S'imprégner du patrimoine immatériel lié au processus de la gestation à travers les univers des berceuses, des miroloÏ (Chant funèbre grec, μ = parole du destin) et d'autre chant de travail en différents Pays méditerranéens. Collecter les langages du voyage et monter, avec un but créatif, un nouveau langage fait d'un ensemble de langages, une ratatouille qui puisse dialoguer et communiquer entre les Pays, sans la nécessité d'être traduit.
Valoriser la rencontre entre personnes d'âge différents (intra-générationnel) et d’appartenance ethnique et anthropologique diverses, dans le but de prévenir toute forme d’intolérance et de non communication. Valoriser la conscience et la richesse de la diversité à travers l’échange entre les différentes cultures. Valoriser le patrimoine immatériel et matériel dans leur réalité sociale et culturelle, tout en favorisant le développement des expériences sensorielles.
Les berceuses méditerranéennes, dans leur grande diversité, reflètent l’histoire des Pays européens, juifs et arabes. Par leurs textes et leurs mélodies, elles sont un miroir des préoccupations, des aspirations et du destin du monde, elles nous chantent l’histoire et la culture, pas facile à découvrir. Leur contenu sociologique, psychologique, éducatif et leur couleur musicale spécifique en font un trésor émotionnel offert à ceux qui portent leur regard sur l’enfance. Dans leur grande simplicité de structure et de contenu, les berceuses se présentent comme un outil éducatif face à l’enfant et un moyen de réflexion pour l’adulte, mais aussi comme un miroir de la société et de la relation mère-enfant dans un endroit très intime, le même lieu consacré à la création culinaire.
NINNANNARE
Les berceuses, une tradition, un rituel qui approche le couple mère-enfant dans une profonde intimité et qui offre unicité à cette relation. Ce qu'on laisse à l'enfant est très important, le découvert du monde, du mouvement et du rythme. Grâce à cette approche au rythme, l'enfant va obtenir une connaissance remarquable de la vie. Qu’est ce qui fait que la berceuse est tellement humanisante? Parce qu’elle est à sens multiples. D’abord parce qu’elle conjugue deux langages : la parole et la musique et par cette conjugaison elle multiplie le sens, elle le rend à la fois plus équivoque et plus cohérent. En effet, même si la musique est clairement construite dans une tonalité «calmante », les textes eux-mêmes sont souvent équivoques, ils ont roulé de mémoire en mémoire, se sont transformés et évoquent tout un tas de choses qui ont plus ou moins de rapports, et quelquefois aucun, avec le but poursuivi. La berceuse occupe un rôle fondamental dans la construction du bébé comme être humain, à la fois dans la relation à son corps et à sa culture, dans la relation mère/enfant et dans une filiation triangulée ; la musique en a une place prépondérante parmi les autres arts parce qu’elle est l’art de l’audition, sens qui entre et reste en nous, parce qu’elle est un art de la présence, il faut qu’elle soit incarnée pour exister vraiment, et parce qu’elle est l’art du temps et qu’elle offre du présent, de la possibilité de présence à la
relation humaine. Et la berceuse est d’abord et surtout, sur tous les continents et sous tous les
climats, un chant d’amour, le premier.
C’est la possibilité que nous avons de mémoriser la musique et de la restituer intégralement, à tout moment, par le chant. En effet, non seulement la musique entre en nous par nos oreilles et agit sur nous, sur nos états émotifs et corporels, mais elle reste en nous et par la magie de la mémoire musicale, nous pouvons non seulement l’évoquer mais la restituer immédiatement. Cela semble évident mais en réfléchissant on s’aperçoit que nous n’avons pas cette possibilité avec les autres sens : essayez de reconstituer mentalement exactement un paysage ou un tableau, essayez de le peindre, essayez de retrouver un goût, une odeur, une sensation tactile par la simple mémorisation, c’est pratiquement impossible.
On a besoin d’une stimulation externe pour retrouver les émotions liées à ces sens. Et cette
mémoire est d’une solidité incroyable puisqu’elle persiste même quand la mémoire est par ailleurs
altérée ou même détruite. Grâce à la simplicité de sa structure, dès la seconde audition, l’enfant
connaît le chant, les notes, la musique, la voix mais aussi les sensations.
Les berceuses méditerranéennes, dans leur grande diversité, reflètent l’histoire des Pays européens, juifs et arabes. Par leurs textes et leurs mélodies, elles sont un miroir des préoccupations, des aspirations et du destin du monde.
Les berceuses nous chantent l’histoire et la culture, pas facile à découvrir. Leur contenu sociologique, psychologique, éducatif et leur couleur musicale spécifique en font un trésor émotionnel offert à ceux qui portent leur regard sur l’enfance.
Les berceuses adoptent des mots et des expressions locales, différents langages, souvent des dialectes, des jargons euro-méditerranéens. De l’hébreu, des langues slaves, du grec, du latin, du perse, de l’italien, du roumain, de l'albanais, de l’ancien français : un langage bricolé. Dans cette culture populaire, essentiellement orale, les mots portent en eux une force puissante et sont l’outil de la transmission et ils sont riche d'un saveur, un odeur qui fait la richesse de la parole et qui devient la culture. Ce sont d’abord les femmes qui chantent et cuisinent, en cela elles assument ce rôle de transmission des valeurs familiales et culturelles.
Différentes langages, souvent des dialectes, des jargons euro-méditerranéens à l’origine des parlers. C’est une langue d’abord populaire, une langue savante. Selon les régions où vivent les mamans, elles adoptent des mots et des expressions d’autres langues locales. De l’hébreu, des langues slaves, du grec, du latin, du perse, de l’italien, du roumain, de l'albanais, de l’ancien français : un vrai langage bricolé.
Dans cette culture populaire, essentiellement orale, les mots portent en eux une force puissante et sont l’outil de la transmission. Ils traduisent les émotions, à plus forte raison dans les berceuses. Ce sont d’abord les femmes qui parlent et chantent, en cela elles assument ce rôle de transmission des valeurs familiales et culturelles.
« Il est vrai que nous avons réussi à abattre de grandes parties des murs qui ont tant divisé
peuples et idées (d’autres malheureusement demeurent), mais nous courons tout de même le
risque de les remplacer par de grandes vitrines à travers lesquelles nous pouvons nous regarder,
mais toujours et seulement de loin et avec méfiance. Il faut au contraire une plus grande proximité,
des regards nouveaux, de plus larges contaminations entre façons de pensée et mondes de
pensée, sans peur de perdre quelque pureté originelle. La rencontre d’aujourd’hui est un exemple
de la façon dont il est possible, c’est le cas de le dire, de dépasser des peurs millénaires. ».
Alfredo Ancora, « Ecology of mind, ecology of soul : a transcultural psychiatrist experience » in
Acts of Central Asian Shamanism Symposium